La Cour – Philippe Richard, responsable du service jardin au château de Rambouillet

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Continuons notre présentation des métiers de châteaux ! Voici, Philippe Richard, responsable du service jardin au château de Rambouillet .

#métier

Pouvez-vous presenter votre metier a nos lecteurs ? 

Affecté au Domaine national de Rambouillet, géré par le Centre des  monuments nationaux, je suis responsable du service jardins. A ce titre, je dirige une équipe de 8 jardiniers du ministère de la Culture, 1 contractuel CMN, 2 emplois-avenir et 1 apprenti, sur un parc de 150 hectares. L’ensemble de cet espace est protégé par classement : monument et site.

Les principales missions des jardiniers d’art du ministère de la Culture sont la protection, la conservation et la mise en valeur du patrimoine végétal. En qualité de chef de service, il m’appartient également de veiller à la sécurité des agents ainsi qu’à celle du public. Selon les directives définies avec l’administrateur du monument, je planifie et organise les campagnes de taille, entretien, production florale et bûcheronnage.

Maître d’œuvre pour les activités externalisées, je planifie et contrôle les prestations réalisées par les entreprises extérieures.

Une journée type pourrait se décomposer de la manière suivante :

  • 8h : présent à la prise de service des agents. C’est un moment d’échange important entre les directives de travail et les difficultés ou besoins formulés par les agents.
  • Tour de parc pour relever les désordres éventuels et évaluer l’avancement des travaux
  • Activité bureautique : recherche de produit ou matériel, demande de devis, gestion des congés, prise de rendez-vous, …
  • Contact avec des fournisseurs sur site ou en entreprise
  • Relevé sur le terrain pour un point particulier (ex : arbres à élaguer)
  • Visite des différents chantiers en régie ou externalisés
  • Tout cela avec une pause méridienne d’une heure et entrecoupée par les besoins de fonctions annexes : assistant de prévention, référent travaux, accueil ponctuel de groupes.

Qu’est-ce qui vous plait le plus dans votre metier ? 

Le métier de jardinier fait appel à une large palette de connaissances dans des domaines complémentaires comme la botanique, la pédologie, l’écologie, l’histoire de l’Art, la technique et la mécanique. C’est un métier qui nécessite de la curiosité car on ne finit jamais d’apprendre et l’on doit parfois remettre en question des pratiques ou des méthodes de travail. 

 S. Tondut
S. Tondut

Suivez-vous un choix historique pour vos fleurs et arbustes ? Comment refléchissez-vous les jardins ?

Les fonctions du jardin ont évolué avec l’Histoire. Principalement vivrier jusqu’à la Renaissance, il a ensuite été un espace de représentation, extension du bâti, lieu de fêtes avec une apogée au XVIIème siècle, il fut spirituel et philosophique au XVIIIème et enfin un lieu de promenade et d’agrément pour un large public. Aujourd’hui, le jardin mêle toutes ces fonctions avec une dimension historique et patrimoniale qu’il est nécessaire de protéger afin de la transmettre aux générations futures.

Le principe de plantation adopté à Rambouillet pour les massifs fleuris est inspiré du second Empire. Les expéditions botaniques et le travail de sélection des horticulteurs ont permis une grande diversité végétale et une variation plus accentuée des volumes et hauteurs. C’est une plantation par points, les végétaux de même espèce ne se trouvent pas côte à côte, ce qui contribue à la démarche écologique que nous avons entrepris : pas de traitement insecticide ou fongicide. Nos serres de production sont également conduites en protection biologique intégrée, les auxiliaires de culture limitent la population de ravageurs à un seuil acceptable (pas de traitement).

En quoi les techniques utilisees ont-elles change ces siecles passes ? 

La mécanisation et l’évolution des techniques a permis de soulager les jardiniers dans de nombreuses tâches. Toutefois les jardiniers d’Art du ministère de la Culture ont une mission de conservation des techniques et savoir-faire qui sont transmis de générations en générations. Les problématiques contemporaines d’écologie et développement durable ont conduit à réhabiliter des pratiques tombées en désuétude. A titre d’exemple, les grandes parcelles engazonnées des parcs étaient fauchées jusqu’à la fin du XIXème siècle (invention de la première tondeuse à gazon en 1830). Aujourd’hui, pour favoriser la biodiversité, il est préconisé de reconvertir une partie de ces espaces en prairie fauchée.

Avez-vous toujours eu ce souhait d’exercer dans les jardins d’un château ? 

Travailler dans le parc d’un château permet de faire le lien entre l’Histoire et l’art des jardins. Les espaces extérieurs et les bâtiments ont suivi une évolution parallèle, influencée par la mode, la politique, les voyages… Le jardin participe à la mise en scène souhaitée par les propriétaires. Les jardiniers possèdent les clefs de ces aménagements et sont toujours disposés à partager leurs connaissances. 

latribudanaximandre.com
latribudanaximandre.com

#Passionchateau

Passionné de patrimoine ? Depuis quand ? 

J’ai pour ma part été initié très tôt au patrimoine. Sites naturels, grottes et châteaux ponctuaient les vacances familiales. 

Quel chateau a été votre plus belle decouverte ? Pourquoi ?

J’ai souvenir de la visite du fort La Latte, décor rêvé pour un jeune chevalier, une forteresse accrochée aux falaises bretonnes ; c’est aussi le lieu où a été tourné le film « viking » avec Tony Curtis et Kirk Douglas …

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Fort La Latte

De nouvelles visites de châteaux prévues ? Un château que vous rêveriez de visiter ? 

En attendant la réouverture de la maison de Pierre Loti, prévue pour 2020, j’irai peut-être en famille découvrir la place forte de Brouage, près de Rochefort qui serait le lieu de naissance de Samuel Champlain, fondateur de la ville de Québec.

La place forte de Brouage
La place forte de Brouage

  

Cet article a été écrit par #passionchateau (ses articles / Site Internet)
Publié le dans La Cour

3 Comments

  1. Toujours intéressant de découvrir ces métiers culturels :)
    Et le lieu est superbe, merci !

    XOXO LOVE
    Anthony & Noémie , blogueurs amoureux et facétieux, on partage nos découvertes culturelles et nos échapées culinaires, sur notrecarnetdaventures.com

  2. Jean louis houille
    19 octobre, 2017 Répondre

    site web: celadon7.canalblog.com
    Bonjour. ancien jardinier des buttes Chaumont à Paris 19, puis jardinier à Blois
    Je suis

  3. suite, je suis venu en septembre à Rambouillet avec les anciens élèves de ma promotion horticole Nous avons vu de belles plantes à massifs et visité le parc .nous avons vu une plante au feuillage type laurier rose,fleurs bleutées clair cinq pétales donnant des “fruits oblongs verts ressemblants à des kiwis..J’aimerai connaitre le nom de cette plante. par avance merci pour une réponse

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